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La culture du châtaignier est une école de patience ; il faut entre vingt et trente ans pour un arbre de variété traditionnelle arrive à la pleine production.
Autant d'années de vigilance à surveiller d'eventuelles attaques d'endothia, (ce champignon microscopique qui asphyxie peu à peu les branches), à entretenir, attendre la récolte qui risque d'être compromise par une sécheresse prolongée ou les premières rosées d'automne, une somme d'efforts considérables dont le passant
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n'a pas toujours conscience. Non, la châtaigneraie, ce n'est pas la forêt, pas la nature, c'est une culture, en mauvais état certes, ici ou là, parce que la mévente des fruits et la maladie ont eu raison de la persévérance et de l'obstination des hommes.
Cependant, même s'ils n'ont parfois plus de temps de débroussailler régulièrement, d'élaguer les branche mortes, les agriculteur comptent sur la fidélité du châtaignier. En septembre ou octobre, les fruits arrivent à maturité et les bogues s'entrouvent et tombent. C'est au sol que le paysan ramasse sa récolte, et celle-ci constitue parfois jusqu'au tiers de son revenu annuel.
Si parcourant en automne les routes et les sentiers de la Cévenne
doucement éclairés par le feuillage des grands arbres, une envie de châtaignes vous prend, ne croyez pas que parce qu'il y en a au sol, on les y laissera et qu'elles appartiennent au premier venu.
Souvenez-vous de la persévérance des hommes qui ont façonné ce pays, de la ténacité de ceux qui ont pris la relève. Respectez leur travail. Et tout au long de votre chemin découvrez dans le paysage l'empreinte d'anciennes châtaigneraies. Il y a là une partie de leur histoire.
Alors seulement le pays s'ouvrira pour vous mettre dans la confidence de l'arbre qui pendant des siècles l'a animé de sa respiration.
Sylvette Béraud-Williams - Mars 2000.
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